Monsieur MORIZOT, Responsable des cortèges officiels chez CITROËN pendant 24 ans, en exclusivité à l'Euro Sm Club

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Lors de nos réunions mensuelles au sein de l’Euro Sm Club, il est prévu que certains mois nous invitions une personnalité ayant eu une influence directe ou ayant participé de près au démarrage ou au lancement de la CITROËN Sm. Lundi 5 février 2001, ce fut Mr MORIZOT, Responsable des cortèges officiels chez CITROËN pendant 24 ans, qui nous a rendu visite...

LA CAUSERIE DU MAITRE de BALLET

Cette soirée se composera de quatre parties bien distinctes:

Premièrement l’organisation des cortèges officiels entre CITROËN et l’ELYSEE. Responsable des Ventes aux administrations, j’ai eu la chance et l’insigne honneur d’organiser les déplacements des grands de ce monde avec des "CITROËN" sous la présidence de cinq Présidents de la République: le Général de GAULLE, Georges POMPIDOU, Valéry GISCARD D’ESTAING et sans oublier Alain POHER qui, à deux reprises, a assuré des intérims. J’ai rempli mes fonctions de "Maître de ballet" de février 1959 jusqu’à janvier 1983, soit pendant 24 ans.

La deuxième partie sera la réalisation de la commande de la "DS Spéciale" du Général de GAULLE .    

La troisième partie portera sur les deux "Sm décapotables" du Président Georges POMPIDOU.

Quant à la quatrième partie, elle sera ouverte aux questions que vous voudrez bien me poser sur l’organisation des cortèges officiels et des voitures de l’ELYSEE. La première partie sera certainement la plus longue, avec anecdotes véridiques et amusantes, sans toutefois dévoiler les mesures de sécurité à l’encontre des présidents, personnalités ou souverains étrangers.


Réunion Ile de France du Lundi 5 février 2001

 

PREMIERE PARTIE

Après les élections législatives de novembre 1958, le Général de GAULLE est élu Président de la 5ème République en décembre. Il prenait ses fonctions en janvier 1959, et entre quatre et six semaines plus tard, il effectuait pendant quatre jours (en février) son premier voyage officiel dans six départements de la région: Midi - Pyrénées de Pau à Perpignan. Il confia à la Société CITROËN le soin d'assurer ce premier voyage officiel. L'ELYSEE nous laissait devant un véritable défi; en quelques semaines il fallut obtenir l'autorisation de la direction générale de "CITROËN" de mener à bien cette opération de prestige; constituer un parc automobile de voitures neuves, une vingtaine de voitures serait le minimum. Ensuite étudier sérieusement le problème d'assurance des personnes transportées: Présidents et des grands de ce monde était une responsabilité nouvelle et difficile en cas d'accident. Mettre sur pied une équipe de chauffeurs en tenue car au début de cette mise en place, il y avait une tenue blanche. D'autre part ces chauffeurs devaient bien maîtriser une certaine conduite et bien représenter la "Maison en double chevron". Alerter tout le réseau CITROËN, succursales, concessionnaires et agents se trouvant sur le parcours du cortège officiel et spécialement pour le samedi et le dimanche la plupart des garages étant fermés et le moindre problème se devait d'être résolu dans les plus brefs délais. Prévoir le lavage quotidien des véhicules ainsi que leur ravitaillement, il fallait donc organiser tout cela en quelques semaines. En une quinzaine de jours la Société CITROËN a su faire face tant sur le plan de la présentation que sur celui de l'exécution grâce au concours des DS, des pilotes et des membres du réseau. Ce fût un véritable succès qui restera déterminant. Ainsi la Société CITROËN accomplira ensuite tous les déplacements du Président de la République dans tous ces déplacements en métropole comme en outre-mer.

Nous avons effectué en sept ans 24 déplacements dans 92 départements. Plus des missions en province pour manifestations ou cérémonies particulières par exemple: l'inauguration du tunnel du Mont Blanc, lancement du sous-marin "Le Redoutable" à Cherbourg, commémoration de l'offensive Alliés de 1918 dans l'Est ou l'inauguration des jeux olympiques à Grenoble, ainsi que la visite du centre nucléaire de Pierrelatte (26). Au milieu de ce tourbillon de déplacements, de cortèges de DS, notre organisation de voitures officielles a subit d'importantes modifications dues à des raisons diverses et variées. Tout d'abord une augmentation du nombre de personnalités qui suivaient le Général de GAULLE; au fil des voyages, les parlementaires, députés, sénateurs "du coin" se joignaient au cortège et être vus dans la suite du "Général" était une situation recherchée ! D'où une augmentation du nombre de voitures, deux solutions: ou introduire dans le cortège les propres véhicules de ces parlementaires, ou augmenter le nombre de nos "DS" et en affecter cinq ou six à ces nouveaux "invités". Nous avons dans un premier temps appliqué la première solution et donc incorporé les véhicules avec chauffeurs de ces personnalités. Ce fût catastrophique car les "pilotes" n'avaient pas l'habitude d'une conduite spécifique dite "de cortège". Par exemple, lors d'un arrêt, ils "quittaient le volant" pour ouvrir les portes de leurs passagers ce qui ne se faisait pas avec les chauffeurs CITROËN et ce laps de temps provoquait une perte de contact avec l'ensemble des autres voitures.

M. JEAN était à l'époque le Responsable des représentants de l'Elysée et avait été informé aussi de l'impossibilité de maintenir le rang hiérarchique entre parlementaires, sénateurs et autres invités; Par exemple lors d'un incident mécanique, ou d'un bris de glace au sein du cortège, d'où un problème diplomatique ! Cette solution fût abandonnée d'un commun accord, mais un autre problème se posait à nous: le nombre d'arrêts impromptus et non-prévus sur le parcours; Ainsi le Général faisant arrêter le convoi; En effet, observant le maire d'un village sein de son écharpe tricolore, il voulu le saluer. Bien évidemment la presse s'empara de l'information et ce fût bon nombre de maires, écharpe en bandoulière qui s'empressèrent pour saluer et faire arrêter le convoi du Général. De jeunes mariés eurent aussi la bonne idée de faire en sorte d'être sur les lieux de passage et la mariée en bordure de route, toute blanche vêtue, voulant biser le Président de la République. Le "timing" journalier et le respect du programme prévu en prenaient un coup. Troisième incidence: l'arrivée des hélicoptères; jusqu'alors seul les trains étaient utilisés en complément des déplacements Présidentiels. Parce que vers les midi, lorsque l'emploi du temps le permettait, nous rejoignons l'autorail qui "suivait" le convoi. Cela nous permettait de déjeuner tranquillement à l'intérieur même du train en compagnie du Général, de "Tante Yvonne", et autres ministres. Cela fractionnait la journée d'un repos bien mérité. Avec l'arrivée de l'hélicoptère, les trains furent supprimés, car il fallait prévoir un cortège automobile de 20 DS au départ et 20 à l'arrivée !!


Le Président de la République Togolaise son Excellence
le G. E. EYADEMA le 10 décembre 1971

Pour des raisons économiques la Société CITROËN ne m'a pas donné son accord pour augmenter le nombre de voitures et cet objectif de 40 était irréalisable. Informé, le directeur des voyages officiels qui en général est un haut fonctionnaire du ministère de l'intérieur (souvent un préfet), pris la décision de compléter les convois par des SIMCA "Chambord" et "Présidence", qui apparurent au milieu des DS. Mon homologue de "chez SIMCA" était M. Jean MILLERAND, fils de l'ancien Président de la République (1920/1924), et était ancien employé de chez CITROËN ! Petit aparté historique chevronné: lorsque André CITROËN avait proposé la construction de cette usine d'obus sur les terrains de Javel il se trouvait à ce moment là sur le front, et il lui fallut obtenir une affection spéciale pour venir exécuter cette usine. Celui qui fit confiance à André CITROËN dans ces projets fût justement M. MILLERAND, qui à ce moment là, était Président du Conseil. Il devint Président de la République par la suite. André CITROËN n'oublia pas cette nomination sur Paris, lui permettant de réaliser son projet. Jean MILLERAND fils, entra aux Etablissements CITROËN, puis évolution de carrière oblige, il rejoignit la Société SIMCA. Mais il gardera toujours "l'esprit CITROËN", et nos relations restèrent donc très agréables. De plus, la Société SIMCA appréciait ses participations car elles valorisaient son image.


Du 24 au 29 juin 1974 voyage en France de S. M. Impériale Mohammad Reza PAHLAVI "Shah d'Iran" et S. M. Farah SHABANOU d'IRAN en Sm Présidentielle

Malheureusement après quelques années, les "Chambord" furent supprimées et seront remplacées par des "1500". Ce type de véhicule ne fût pas apprécié par les "organisateurs" de l'Elysée et il ne pu être maintenu pour les cortèges officiels. CITROËN se retrouva donc seule pour la réalisation des convois. Le Général de GAULLE, Citroënniste dans l'âme, avait une préférence pour la DS. Ainsi un jour de déplacement dans l'Est de la France, le Colonel de BONNEVAL lui proposa l'affectation d'une "CHAMBORD". Mais pressentant la décision du Général, on me fit mettre en réserve une DS derrière la préfecture. Bien sûr, dès que le Général se trouva sur le perron, il demanda au Colonel de BONNEVAL où est ma voiture !! Là ! fit le Colonel montrant la "CHAMBORD" au bas des escaliers. BONNEVAL, je vous ai demandé ma voiture !! Plus de doute, il fallait vite faire appeler la DS cachée derrière le bâtiment de la Préfecture. La "CHAMBORD" fût donc mise à l'écart, mais cette exclusivité nous obligeait à augmenter notre parc de voiture. Le refus d'allouer aux services des convois officiels CITROËN 40 DS, m'encouragea à être un peu moins gourmand, et c'est définitivement une trentaine de DS qui me furent affectées. Mais j'ai au fil des années réussi tout de même à obtenir mes quarante voitures et nous avons pu de concert, travailler avec l'hélicoptère et effectuer correctement les missions qui nous étaient allouées. L'administration, de son côté, avait fait un gros effort, et avait accepté de prendre en charge l'ensemble des frais, mais sans tenir compte des salaires des chauffeurs. Le ministère des affaires étrangères s'est porté acquéreur de nos prestations et nous a chargé d'assurer toutes les visites des chefs d'Etats Etrangers et "Grands de ce monde" sur le territoire Français. L'aventure devait continuer ! !

Propos recueillis par Pierre PHILIPPS

A suivre…


Mr Alain POHER Président de la République par intérim après la mort de Mr POMPIDOU

 

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